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En voie de disparition, le thon refait surface !

SO PHARE

Penser l'océan autrement

En voie de disparition, le thon refait surface !

Les stocks mondiaux de quatre espèces de thons en voie de disparition depuis les années 70 sont en cours de rétablissement ! La bonne nouvelle est venue le 4 septembre 2021 d'un communiqué publié par l'Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN) à l'occasion de son congrès mondial, qui s'est tenu à Marseille.
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« La mise à jour des de la Liste rouge de l’UICN est un signe fort que, malgré les pressions croissantes sur nos océans, les espèces peuvent se rétablir si les États s’engagent vraiment à adopter des pratiques durables », a commenté le directeur général de l’UICN, le Docteur Bruno Oberle. L'homme a exhorté les nations à renforcer leurs ambitions en matière de conservation de la nature, soulignant que « ces évaluations de la liste rouge démontrent à quel point nos vies et nos activités sont en symbiose avec notre biodiversité. »

Remontée des stocks de thon rouge

Les sept espèces de thon les plus pêchées ont été réévaluées, pour mettre à jour la fameuse liste rouge des espèces en voie de diparition. Bonne surprise ! Quatre d’entre elles montrent des signes de récupération. Une amélioration obtenue grâce à des quotas de pêche plus responsables et une lutte plus efficace contre la pêche illégale dans certains pays. Le résultat le plus remarquable concerne le thon rouge de l’Atlantique (Thunnus thynnus) : précédemment répertorié « En danger », il est passé en catégorie « Préoccupation mineure ». Ainsi, la plus grande population orientale de thon rouge de l’Atlantique, frayant en Méditerranée, a augmenté d’au moins 22% au cours des 40 dernières années.  Le thon rouge du Sud (Thunnus maccoyii) a reculé de la zone de « danger critique » à celle de « en danger ». Le thon blanc ou germon (Thunnus alalunga) et le thon albacore (Thunnusalbacares), sont tous deux passés de « Quasi menacés » à la catégorie « Préoccupation mineure ».

Des résultats encourageants, mais…

L'amélioration globale à l’échelle des espèces de thonidés est certes une bonne nouvelle. Pour autant, de nombreux stocks régionaux restent gravement appauvris. A titre d'exemple, la plus petite population autochtone de thon rouge de l’Atlantique Ouest, qui nage dans le golfe du Mexique, a diminué de plus de moitié en 40 ans. Quant au thon albacore, il reste surexploité dans l’océan Indien. Le thon rouge du Pacifique (Thunnus orientalis) voit lui sa situation s'aggraver, de « Vulnérable » à « Quasi menacée ». On estime sa population actuelle à moins de 5% de sa biomasse d’origine ! Autres espèces en difficulté, le thon obèse classé « Vulnérable », et la bonite à ventre rayé, en catégorie « Préoccupation mineure ».

Les effets bénéfiques de la pêche durable

« Ces évaluations de la Liste rouge sont la preuve que les approches de pêche durable fonctionnent (…) Nous devons continuer à appliquer des quotas de pêche durables et à lutter contre la pêche illégale », a déclaré le Dr Bruce B. Collette, président du Groupe de spécialistes des thons et espadons de la CSE-UICN. « Les espèces de thon migrent sur des milliers de kilomètres et il est donc également essentiel de coordonner leur gestion à l’échelle mondiale. » Une conviction partagée par Phare d'Eckmühl, qui promeut la consommation de thon responsable en pratiquant une pêche responsable certifiée par Bureau Véritas. Respectueuse de la ressource, elle exclut notamment le recours aux DCP.

Les techniques de pêche ne sont pas seules en cause. Pour le thon blanc, malgré la mention "pas de surpêche, pas surexploité", on observe une diminution des captures depuis des années. « Une incertitude importante subsiste quant aux impacts des changements climatiques sur cette espèce », comme l'a souligné le Docteur Jack Kittinger, vice-président du Centre de Conservation International pour les océans.

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